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Jeudi 01 Novembre 2007

Une première bonne nouvelle est la reparution du journal « Le Matin d’Algérie » sur internet (   nous espérons au lectorat algérien qui ne possède pas internet de le retrouver rapidement sur la forme papier très bientôt  en Algérie).

 

Il est aisé à tout un chacun de le consulter et aussi de le recommander, si certains se posent la question de savoir pourquoi nous en parlons aujourd’hui ce n’est que pour la simple est unique raison d’y avoir collaboré pendant quelques temps avant de venir en France.

 

Une seconde raison c’est aussi pour s’être opposé à sa fermeture et l’emprisonnement de son directeur Mohamed BENCHICOU. Nous avions en ce temps fait circuler dans les Landes une pétition de soutien et pour la liberté de la pressez en Algérie.

 

Nous avons à maintes reprises évoquées cet épisode lorsqu’ on nous demanda de nous exprimer sur la liberté de la presse en Algérie et pas plus tard qu’au début du mois passé à Mimizan.

 

La deuxième bonne nouvelle est la parution du livre de Benchicou à l’occasion du Salon International du Livre qui se tient à Alger en ce moment et que nous conseillons à nos lecteurs, il sera disponible en France à partir du 08.11.

 

Nous reprenons un petit extrait de la partie publiée sur le site du Matin et qui répond  en partie aux questionnements de certains lors des conférences que nous avons donné.

 

« Les Geôles d’Alger » de Mohamed Benchicou est sorti hier 31 octobre à Alger pour le Salon du livre où l’auteur devrait animer des ventes-dédicaces tous les après-midis. A Alger, il est considéré comme le livre de la rentrée. Il doit paraître le 8 novembre en France aux Editions Riveneuve (riveneuveeditions@orange.fr et http://www.riveneuve.com/ Tel : 01.45.42.23.85).

         C’est toi qui as écrit le livre sur Bouteflika ? »

         Oui, c’est moi qui l’ai écrit, lui répondis-je.

         C’est donc vrai…

Ferah se relâcha comme s’il venait, enfin, de percer un mystère tenace, prit une cigarette blonde qu’il enroula méthodiquement de ses doigts fins avant de l’accrocher délicatement à ses lèvres, et l’alluma en me dévisageant, l’air à la fois pensif et un soupçon admiratif.

         Et ils t’ont coffré pour ça ?

         En quelque sorte, oui

         Et tu as dit des choses graves sur le président ?

         Pas vraiment. Pas au sens où tu sembles l’entendre, en tout cas.

L’explication ne parut pas le convaincre, mais il n’en avait que faire. Il lui suffisait de parler au « journaliste qui avait écrit le livre sur Bouteflika » et qu’on venait d’incarcérer; de fixer ce moment dans sa morose existence de détenu.

Il semblait tirer de cet instant intime une sorte de fierté indéfinissable, comme si, tout d’un coup, il découvrait, à travers mon personnage, un motif inattendu de ne pas tout à fait désespérer de la vie et des hommes.

La violence a marqué d'un fer blanc le journal que j'ai fondé. C'est de son ventre qu'il naquit un matin d'automne lumineux de 1991. C'est de ses implacables étreintes chargées de deuils et de désespoirs qu'elle l'accompagna durant sa courte existence. C'est par elle qu'il mourut l'été de cette maudite année 2004. Ecrire et informer au rythme des salves de colère d'un peuple déchiré n’offraient pas d'autre destin que de tomber, un jour ou l'autre, au champ de bataille d'une guerre sans nom.

Le Matin vit le jour par le sang. Enfant convulsif des journées noires d'octobre 1988, quand la jeunesse algérienne se souleva contre la dictature pour en arracher, au prix de centaines de cadavres, le pluralisme et la fabuleuse possibilité de penser autrement, il est né du râle des torturés et de l'agonie des adolescents fauchés par les chars dans les rues d'Alger. Sans ces gosses révoltés armés que de leurs seuls cris, les journaux libres n'auraient jamais poussé sur ce sol assoiffé de liberté et, je le crois bien, nous ne serions pas si nombreux à écrire avec impertinence. Pour être précis, je dirais que le Matin est aussi l'enfant d'un divorce fécond. L'équipe qui l'avait créé venait d'un journal prestigieux, Alger républicain, le célèbre quotidien de gauche, proche des communistes, créé en 1938, régulièrement harcelé pour ses positions éditoriales, interdit en 1939 et en 1955 par les autorités françaises, puis en 1965 par le pouvoir algérien suite au coup d'Etat de Houari Boumediene. J'avais contribué, aux côtés d'un prestigieux aîné, l'inégalable Bachir Rezzaoug, à relancer Alger républicain en 1989, dans la foulée des évènements d'octobre, après vingt-quatre ans de non-parution. Il fut le premier titre privé à briser l'hégémonie des journaux étatiques. J'en fus désigné le rédacteur en chef et j'exerçais ma fonction avec d'autant plus de fierté que je dirigeais une rédaction qui compta en son sein des plumes historiques comme celle d'Albert Camus ou Kateb Yacine. Travailler dans Alger républicain vous réconciliait avec la modestie et la force des idées. C'était un journal qui avait, avant les nôtres, donné ses martyrs, illustres, comme Henri Maillot, Georges Rafini, Amar Khalouf, Abdelkader Benamara, Mourad Aït Saada, Abdelkader Choukhal, tous morts pour l'indépendance de l'Algérie.

 

publié par Said HAMMAD dans: associationfrancealgerie
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