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Mardi 25 Mars 2008

 


Nos amis de la Maison D'Algérie de Bordeaux nous ont informé d’une projection débats autour du documentaire de Derri Berkani, beaucoup d’encre  a couler concernant la contribution des « justes »durant cet épisode noire de l’humanité mais très peu fut dit sur les actions  de l’imam et des partisans algériens(1732 personnes seraient passées par ce réseau).

L’ édition du 16 mai 2005 du journal El Watan publiait un article de Nadjia Bouzeghane sur la réalisation du film que nous reprenons car il nous éclaire sur ce que fut la contribution de la mosquée de Paris et des partisans durant la deuxiéme guerre mondiale.

Les FTP algériens et le sauvetage d’enfants juifs

Dans Une résistance oubliée, la Mosquée de Paris, un film de 29 minutes réalisé pour l’émission « Racines de France 3 » en 1991, Derri Berkani restitue l’épisode associant la Mosquée de Paris au sauvetage de juifs, notamment des enfants.

Le concept de l’émission de France 3 était de faire coïncider l’histoire de l’immigration avec des moments d’histoire de France. « A l’origine, je voulais faire un film sur la résistance des Francs-Tireurs et Partisans algériens, qu’on appelait "groupe kabyle", la commande venait de l’ORTF, c’était en 1974. Le film ne s’est pas fait. »

L’opportunité en est donnée à Derri Berkani en 1991 par France 3. Les FTP algériens étaient désignés sous le vocable de « groupe kabyle » par facilité de langage en usage chez les FTP qui utilisaient les groupes de langues, pour permettre une sécurité de transmission des consignes. L’immigration algérienne de Paris, à l’époque, était le fait d’hommes jeunes, seuls, d’origine rurale, essentiellement de Kabylie. Ils étaient aux deux tiers analphabètes, ils vivaient dans la misère, mais par le travail ils avaient intégré un autre univers, celui du monde ouvrier, du prolétariat. Ils avaient acquis une conscience prolétarienne dans les usines où ils travaillaient. Ils étaient tous syndiqués, et ils participaient à toutes les luttes ouvrières, aux grèves... Une fois la guerre venue, ils se sont engagés dans les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), nous précise Derri Berkani.

Mohamed Lakhdar, qui avait rejoint les jeunesses communistes à 20 ans, était l’un d’entre eux. Il s’était engagé dans l’action clandestine en 1940 et était un des fondateurs, en 1942, des FTP. Il était originaire de Tiaret. Il a été fusillé dans la nuit du 31 janvier 1943.

 Derri Berkani relève que la démarche de la Mosquée de Paris et de son recteur Si Kaddour Benghabrit obéissait à des principes religieux, mais les FTP algériens, qui ont amené des juifs pour les mettre à l’abri, étaient des laïcs, des ouvriers. Leurs motivations n’étaient pas religieuses, elles ont concordé avec celles des dirigeants de la Mosquée. Les FTP avaient agi par « conscience prolétarienne ». « C’était une action de nationalistes algériens. »

 Derri Berkani rappelle que Messali Hadj, dans El Hayet, avait appelé à la résistance au nazisme. Ferhat Abbas et Ali Boumendjel s’étaient prononcés contre l’abrogation des décrets Crémieux (décrets de naturalisation des juifs algériens). « On ne comprend pas cet engagement des ouvriers algériens, si on ne situe pas le contexte. Ils étaient seuls. La solidarité entre eux était une nécessité vitale. A cette époque, la tuberculose faisait des ravages. Tout ce qu’ils gagnaient, ils l’envoyaient à la famille. Malgré cela, ils ont participé activement à l’action de libération de la France. » Les juifs étaient amenés à la Mosquée de Paris avec l’accord et le soutien de son recteur, Ben Ghabrit, le temps d’organiser leur passage vers la zone libre ou le Maghreb. Aussi, la Mosquée n’était pas un lieu de séjour, mais de passage. Les juifs algériens qui parlaient arabe étaient plus faciles à dissimuler. Les souches des tickets alimentaires donnés à la Mosquée ont fait apparaître 1732 passages (parachutistes anglais et enfants juifs essentiellement).

 « En 1974, j’ai retrouvé à la Mosquée de Paris un livre où il y avait un nombre incalculable d’enfants, c’étaient des enfants juifs qu’on faisait passer pour des enfants d’Algériens », nous dit Derri Berkani, sachant que l’immigration algérienne était alors dans une très forte proportion le fait d’hommes seuls. L’action des FTP n’était pas sans risques, des collaborateurs, parmi lesquels il y avait Mohamed Saïd, faisaient disparaître ceux qui tombaient entre leurs mains. « Quand un résistant était pris, on lui brûlait les mains et le visage avec de l’acide pour qu’il ne soit pas reconnu, avant de l’enterrer au cimetière franco-musulman de Bobigny. » Dans un tract en kabyle, ni daté ni signé, intitulé « Comme tous nos enfants », ces FTP écrivent : « Hier, à l’aube, les juifs de Paris ont été arrêtés, les vieillards, les femmes comme les enfants, en exil comme nous, ouvriers comme nous, ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants. Si quelqu’un d’entre vous rencontre un de ces enfants, il doit lui donner asile et protection, le temps que le malheur passe. » Derri Berkani a retrouvé ce tract cet hiver chez un comptable à Draâ El Mizan. Ce dernier l’a récupéré parmi des papiers administratifs du propriétaire d’un bistrot, rue Château des Rentiers, dont il s’est occupé des comptes.

Nadjia Bouzeghrane


En partenariat avec le Conseil Régional, la Mairie de Bordeaux, Le CRIF Aquitaine et l’institut de la Mosquée de Paris.  La Licra Aquitaine et La Maison D’Algérie sont heureux  de vous inviter le :

 

 Jeudi 27 mars 2008 à 18 H 30

À l’Athénée Municipal de Bordeaux,

 

Une journée et soirée conférence-débat afin de mettre en lumière l’action de résistance souvent méconnue de la  Mosquée de Paris durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

PROGRAMME :

 

Cet événement sera illustré  par la projection du film du réalisateur Derry BERKANI « la Mosquée de Paris, une autre forme de résistance ».

 

-          13 h 30 : PROJECTION AUPRES DES LYCEENS (hémicycle du conseil régional)

 

-          18 h 30 : PROJECTION-DEBAT AUPRES D’UN PUBLIC PLUS LARGE

 

INVITES :

 

Nos invités d’honneurs pour cette soirée débat animé par Martine BERNHEIM chargée de la culture à la LICRA nationale, sont :

 

Monsieur Dalil BOUBEKER, recteur de l’institut de Grande la  Mosquée de Paris

Monsieur  Kader BOUAZZA, Président de la Fédération de la Mosquée de Paris du Grand Ouest

Monsieur Georges BOUHANA, Président de la LICRA Aquitaine.

Monsieur Derri BERKANI, réalisateur du film projeté.

 

                                                                                           Entrée Gratuite

 

 

 

 

 

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