Vingt ans ferme à l’encontre de Mounir
Aït Menguellet
A la solde de qui est la presse française ? Lorsque nous lisons cet article d’El Watan, il est aisé de comprendre ce que nous savions déjà qu’effectivement une partie de la presse qui est passée aux mains des tenants du capitalisme et néolibéralisme français ne manque aucune occasion pour envoyer à l’échafaudage tout ce qui n’est pas « bon gaulois ». Le cas s’était posé déjà il y a de cela quelques mois pour ce qui fut appelé l’affaire de Cheb Mami. Il avait lui aussi condamné l’attitude des médias à son encontre, nous sommes en droit maintenant de nous poser des questions. D’autant plus que comme le dit le père « les enquêteurs ont bâclés leur travail car ils considéraient avoir trouvé « le coupable idéal ».Il faut espérer que pour le procès en appel les choses se passent différemment.
Bon courage à Mounir et à Lounis(que nous avons connu à Alger)
Mounir Aït Menguellet a été condamné hier à 20 ans de prison ferme par la cour d'assises de Bobigny (banlieue parisienne). Alors que son père Lounis estime que « la presse française l'a déjà condamné à l’avance », son avocat va faire appel.
Paris. De notre bureau
La cour d'assises de Bobigny (département de
la Seine-Saint -Denis) a condamné à vingt ans de prison ferme Mounir Aït Menguellet, fils du chanteur Lounis Aït Menguellet, coupable selon elle d'avoir tué en 2004 à Aubervilliers, Maria De Jésus Lopez, une Portugaise de 72 ans. L'avocat de Mounir, qui a confirmé son intention de faire appel de cette décision, devrait le faire dans les dix jours qui viennent. Dans le box des accusés, Mounir a accueilli dignement et sereinement le verdict. Agé de 32 ans, étudiant en anthropologie et en droit, garçon calme et affable, il n'a pas cessé de clamer son innocence depuis le début de l'enquête jusqu'à la fin du procès. Mais malgré son insistance, les enquêteurs n'ont jamais jugé utile de creuser d'autres pistes ni d'aller à la recherche de nouvelles preuves pouvant donner une autre orientation au procès, selon un proche du dossier qui estime qu'il aurait fallu chercher plutôt du côté de la famille et de l'entourage de la victime et pas chez Mounir. Abattu moralement, mais serein, le père de Mounir a tenu à rendre hommage à l'exemplarité et au professionnalisme avec lesquels le président du tribunal a mené les débats tout au long du procès. En revanche, le chanteur kabyle a accusé les enquêteurs d'avoir « bâclé leur travail », car ils ont considéré avoir trouvé « le coupable idéal ». « Toute l'enquête a été construite à charge de mon fils », a estimé le chanteur. A aucun moment les chargés de l'affaire n'ont pris la peine de creuser d'autres pistes pour réellement faire éclater la vérité ou douter de leurs conclusions et de leur travail. Et d'ajouter : « Pour eux, ils pensent avoir trouvé le coupable idéal. Pourquoi donc vont-ils se casser la tête à aller chercher ailleurs ? » Et de dénoncer le nombre d'expertises (29 au total) menées dans cette affaire, « mais souvent dirigées à l'encontre de l'accusé. Ils sont allés même jusqu'à ramener un prêtre exorciste ». Ce prêtre s'est même demandé pourquoi s'est-il retrouvé dans un endroit pareil (tribunal) ? En plus du bâclage de l'enquête, Lounis Aït Menguellet a accusé également la presse française d'avoir « condamné à l?avance » son fils en publiant des articles tendancieux et, dans leur écrasante majorité, à charge de Mounir. Pis, il juge « abusive et discriminatoire » la manière dont cette affaire a été relayée globalement en France. Même le président de la cour a condamné les écrits parus dans certains journaux parisiens. Invité à donner son avis sur le comportement de Mounir Aït Menguellet, le psychiatre Daniel Zagury n'a décelé rien d'anormal chez l'accusé. Bien au contraire, il a décrit Mounir comme une personne « courtoise, serviable ». Sa mère, citée comme témoin à décharge, a imploré la cour « de chercher ailleurs le véritable coupable ». Venus nombreux pour soutenir Aït Menguellet, des amis et des anonymes sont sortis déçus par la tournure qu'a pris le procès. Beaucoup étaient convaincus de l'innocence de Mounir, décrit comme un « garçon gentil, affable et incapable de faire du mal à une mouche ». Mais tous restent remontés contre la presse française qu'ils accusent « de partialité, de malhonnêteté et d'avoir ajouté de l'huile sur le feu gratuitement et en ignorant totalement les tenants et les aboutissants du dossier ».
Samuel Farah
samedi 2 février 2008
Lounis Aït Menguellet
Chanteur kabyle, né le 17 janvier 1950 à Ighil Bouammas (« le côteau du milieu »), petit village niché dans les chaînes montagneuses du Djurdjura, près de Tizi Ouzou en Grande Kabylie, (Algérie).
Lounis Aït Menguellet est certainement l'un des artistes les plus populaires de la chanson kabyle contemporaine, un poète qui est devenu le symbole de la revendication identitaire berbère. À propos des évènements qui ont secoué
la Kabylie
ces dernières années, il dit que, égale à elle-même, la région est un bastion de la contestation et qu’elle a toujours été à l’avant-garde des luttes. « Je parle de
la Kabylie
à ma façon, afin d’apporter quelque chose pour que les choses évoluent », avant de s’empresser d'ajouter qu'il ne fait jamais de politique.