16 années déjà qu'il est parti, l'artiste, le maître, l'ami, le frère, chacun de nous peut utiliser le qualificatif qui lui convient le mieux.
Pour ma part, j'ai connu la première fois Mohamed au cours des années 1970, à l'occasion d'une formation au centre familial de Ben Aknoun, je ne sais si il existe toujours d'ailleurs sous la même forme qu'en ces temps là.
Il nous appris à communiquer et comprendre à travers une affiche d'appel et plus de quarante ans plus tard je garde un souvenir très net du personnage qui s'exprimait avec douceur, très calmement, sans jamais s'énerver qui m'a beaucoup appris et impressionné.
Nous avons eu plusieurs occasions de nous revoir et à son contact j'ai rencontré d'autres artistes, des hommes de culture, des poètes etc.et qui eux aussi ne sont plus de ce monde.
En 1981, je l'ai sollicité pour réaliser la maquette de ce qui serait l'affiche de
Comme à son habitude avec beaucoup de douceur, il me dit que cela lui serait difficile vu son emploi du temps très chargé, les toiles en chantier, l'extension ou aménagement de son atelier mais face à mon insistance il ne sut résister.
Ce fut pour moi l'occasion de passer chez lui à plusieurs reprises, de discuter, de découvrir ses projets, jusqu'au jour où je rencontrais dans son salon Bachir Hadj Ali qui m'offrit un petit livret sur sa poésie et je sus aussi ce jour là par Mohamed que le grand tableau qui arborait son salon et qui représentait un écartelé, tel un christ sur sa croix, était dédié à Bachir torturé en 1965.
Lorsqu'il me demanda si je pouvais raccompagner Bachir à Hussein Dey, c'est avec empressement que je répondis favorablement, d'abord pour lui rendre service mais aussi pour Bachir que je connaissais à travers ses écrits politiques.
Je le connaissais sans l'avoir vraiment rencontré, j'ai eu à habiter quelques années dans le même quartier (Parnet) que lui.
Je ne sais si son épouse Nadjat se souvient de cette époque mais pour ma part je pense que je ne pourrais jamais oublier.



